Cette approche ne convient pas à tous. Cela paraît évident, mais dans la pratique quotidienne, de nombreux dirigeants se comportent comme s'il existait une seule et unique façon de gérer un employé. Ils accordent à chaque collaborateur la même liberté, le même niveau d'instruction et le même type de retour d'information. Résultat ? Certains membres de l'équipe s'épanouissent, d'autres se désengagent.
Le leadership situationnel offre une alternative. Ce modèle, développé par Paul Hersey et Ken Blanchard, part du principe qu'un leadership efficace exige de la flexibilité. Il s'agit d'adapter son style au collaborateur, à la tâche et à la situation. Dans cet article, vous découvrirez le modèle, ses quatre styles et des outils concrets pour mettre en pratique le leadership situationnel.
Qu'est-ce que le leadership situationnel ?
Le leadership situationnel est un modèle de leadership qui postule qu'il n'existe pas de « meilleure » façon de diriger. Le leader choisit consciemment un style adapté au niveau de développement du collaborateur pour une tâche spécifique. Un collaborateur junior qui dirige un projet pour la première fois a besoin d'un accompagnement différent de celui d'un professionnel expérimenté qui a réalisé la même tâche des dizaines de fois.
Ce modèle, développé dans les années 1980 par Hersey et Blanchard, est également connu sous le nom de Théorie du leadership situationnel (TLS). C'est l'un des modèles de leadership les plus utilisés au monde, notamment grâce à son approche pragmatique. Il ne nécessite pas d'analyse approfondie de la personnalité : il suffit d'évaluer deux variables (la compétence et l'engagement du collaborateur) et d'adapter son approche en conséquence.
Les deux dimensions : direction et soutien
Le modèle de Hersey et Blanchard fonctionne avec deux dimensions du comportement de leadership.
Comportement directif (axé sur la tâche) Il s'agit de la mesure dans laquelle vous donnez des directives en tant que manager. Concrètement : vous expliquez ce qui doit être fait, quand, comment et par qui. Vous définissez les objectifs, suivez les progrès et corrigez si nécessaire.
Comportement de soutien (axé sur la relation) Il s'agit de votre capacité d'écoute, d'encouragement, de soutien et d'implication dans le bien-être de l'employé. Vous posez des questions, faites des compliments, aidez à surmonter les obstacles et créez un environnement sécurisant.
La combinaison de ces deux dimensions donne lieu à quatre styles de leadership, chacun adapté à un niveau de développement différent de l'employé.
Les quatre styles de leadership situationnel
S1 : Inscrire (diriger)
Beaucoup de directives, peu de soutien. Vous donnez des instructions claires, définissez la méthode de travail et suivez de près son exécution. Ce style convient aux employés qui découvrent une tâche : ils sont enthousiastes (fort engagement) mais manquent encore de connaissances et d’expérience (faible compétence).
Concrètement, cela signifie expliquer précisément vos attentes, fournir des instructions étape par étape et vérifier régulièrement si le travail est conforme aux attentes. Il ne s'agit pas de microgestion, mais d'un accompagnement adapté à une personne qui a encore besoin de développer ces compétences.
S2 : Persuasion (coaching)
Beaucoup d'encadrement et beaucoup de soutien. Vous continuez à donner des directives, mais vous expliquez désormais aussi le raisonnement derrière chaque choix. Vous encouragez l'employé et sollicitez son avis. Ce style convient aux employés qui ont déjà acquis une certaine expérience, mais qui rencontrent encore des difficultés avec la tâche et manquent peut-être de confiance en eux.
Le style persuasif exige plus de temps et d'énergie que le style directif, mais c'est un investissement rentable. En expliquant le « pourquoi », vous aidez l'employé à faire de meilleurs choix par lui-même dans des situations similaires. Vous favorisez son autonomie.
S3 : Participer (soutien)
Peu d'instructions, beaucoup de soutien. L'employé possède les compétences nécessaires pour accomplir la tâche de manière autonome, mais a besoin de confirmation, de motivation ou de collaboration. Il doute peut-être de sa propre approche ou sa motivation est en baisse.
En tant que manager, vous jouez ici un rôle de facilitateur. Vous écoutez, posez des questions, réfléchissez avec l'employé et vous assurez qu'il est sur la bonne voie. Vous ne prenez pas le contrôle, mais vous êtes présent. Ce style requiert de bonnes compétences relationnelles. compétences en communication et la capacité d'entraîner sans diriger (voir aussi le Modèle de coaching GROW).
S4 : Délégation
Peu d'encadrement, peu de soutien. L'employé est compétent et motivé. Il ou elle peut accomplir la tâche en toute autonomie. Votre rôle se limite à superviser le résultat final et à répondre à ses questions.
Déléguer est difficile pour de nombreux managers. Cela exige de la confiance et un lâcher-prise. Pourtant, c'est essentiel. Si vous continuez à microgérer des employés qui n'en ont pas besoin, vous freinez leur développement et sapez leur motivation. Dans ce contexte, le lâcher-prise est la forme de leadership la plus efficace.
Les quatre niveaux de développement des employés
Le modèle de leadership situationnel associe les quatre styles à quatre niveaux de développement. Ces niveaux décrivent la combinaison des compétences et de l'engagement d'un employé envers une tâche spécifique.
D1 : Débutant enthousiaste. Faibles compétences, fort engagement. L'employé est motivé et désireux d'apprendre, mais manque de connaissances et d'expérience. Style approprié : S1 (instructif).
D2 : Élève dégrisé. Compétences avérées, faible implication. L'employé a déjà acquis des connaissances, mais les trouve plus difficiles que prévu. Sa motivation chute. Style approprié : S2 (persuasion).
D3 : Employé compétent mais prudent. Compétences élevées, engagement fluctuant. Le collaborateur est compétent mais peut parfois douter de lui-même ou être moins motivé. Style approprié : S3 (participatif).
D4 : Professionnel autonome. Haute compétence, fort engagement. L'employé est qualifié et motivé. Style approprié : S4 (déléguer).
Veuillez noter que le niveau de développement est toujours spécifique à la tâche. Un employé peut avoir un niveau D4 pour la rédaction de rapports et D1 pour les présentations. Par conséquent, vous n'adaptez pas votre style à chaque personne, mais à chaque personne et à chaque tâche.
Appliquer le leadership situationnel en pratique
Comment utiliser ce modèle au quotidien dans votre travail de manager ? Suivez ces étapes.
Étape 1 : Identifier la tâche. Quelle tâche ou responsabilité précise souhaitez-vous aborder ou déléguer ? Soyez concret. « Piloter le nouveau projet » est trop vague. « Élaborer le planning du nouveau projet » est suffisamment précis.
Étape 2 : Évaluer le niveau de développement. Ce salarié est-il compétent pour cette tâche précise ? Et quel est son niveau de motivation et d’engagement ? En fonction de cette évaluation, vous déterminez s’il s’agit d’un salarié de niveau D1, D2, D3 ou D4.
Étape 3 : Choisissez le style correspondant. D1 demande à S1 (donner des instructions), D2 demande à S2 (persuader), D3 demande à S3 (participer) et D4 demande à S4 (déléguer). Adaptez votre comportement en conséquence.
Étape 4 : Évaluer et ajuster. Les niveaux de développement évoluent. Un employé initialement au niveau D2 peut passer au niveau D3 après quelques semaines. Continuez d'observer et d'adapter votre approche en conséquence.
Exemple tiré de la pratique de gestion
Imaginez que vous êtes responsable d'une équipe marketing de quatre personnes. Lisa vient d'arriver et n'a jamais mis en place de campagne (D1). Mark a déjà mené deux campagnes, mais il est frustré par les difficultés rencontrées (D2). Sophie gère les campagnes avec brio, mais elle se demande si elle choisit la bonne approche (D3). Quant à Tom, il travaille dans l'entreprise depuis des années et fournit systématiquement un excellent travail (D4).
Pour Lisa, vous rédigez un plan détaillé étape par étape et programmez des points quotidiens (S1). Avec Mark, vous discutez de ses progrès chaque semaine, expliquez le fonctionnement de certaines stratégies et l'encouragez (S2). Vous invitez Sophie à réfléchir ensemble à son approche et vous vous assurez qu'elle est sur la bonne voie (S3). Vous laissez Tom totalement libre et vous ne le contactez qu'en fonction des résultats obtenus (S4).
Cela peut paraître fastidieux, mais c'est tout le contraire. En adaptant consciemment votre style de management, vous concentrez votre temps là où il est le plus efficace. Vous évitez ainsi de pénaliser les employés qui n'en ont pas besoin et vous empêchez ceux qui ont besoin d'aide d'être livrés à eux-mêmes.
Erreurs courantes en matière de leadership situationnel
Utilisez toujours le même style. L'erreur la plus fréquente est de s'en tenir à un seul style de management. Nombre de managers sont naturellement soit très directifs, soit très délégants. Alterner consciemment entre les styles exige de la pratique et une bonne connaissance de soi.
Erreur d'appréciation du niveau de développement. Si vous surestimez les compétences d'un employé, vous déléguez trop tôt et l'employé rencontre des difficultés. Si vous les sous-estimez, vous le contrôlez de manière excessive et l'employé se sent mal à l'aise. Des échanges réguliers et une observation attentive permettent d'établir une évaluation réaliste.
Ignorer la motivation. La compétence ne fait pas tout. Un employé expérimenté qui a perdu sa motivation (D3) n'a pas besoin d'instructions, mais plutôt d'attention et de soutien. Négliger la motivation, c'est risquer de perdre un atout précieux.
Vouloir déléguer trop vite. Déléguer donne une impression d'efficacité, mais seulement si l'employé est prêt. Déléguer trop tôt engendre des erreurs, de la frustration et l'impression d'être jeté dans le grand bain. Il est essentiel de développer la confiance et les compétences progressivement.
Le leadership situationnel et d'autres modèles
Le leadership situationnel ne constitue pas une approche isolée. Ce modèle s'intègre harmonieusement à d'autres approches. Les six styles de leadership de Goleman recoupent partiellement les quatre styles de Hersey et Blanchard. Coaching en leadership ressemble beaucoup au style S2 (convaincant), tandis que leadership au service des autres partage des éléments avec S3 (participe).
Combiner différents modèles enrichit votre palette de leadership. Utilisez le leadership situationnel comme cadre de base et complétez-le avec les enseignements d'autres modèles. Vous développerez ainsi un style de leadership flexible et efficace.
Développer le leadership situationnel
La théorie du leadership situationnel est relativement simple. Son application pratique l'est moins. Elle exige une observation, une évaluation et une adaptation constantes. C'est une compétence qu'il vous faut développer.
Commencez par définir clairement les compétences des membres de votre équipe et leurs niveaux de développement pour chaque tâche. Prenez l'habitude de faire une pause avant chaque conversation ou mission et de vous demander : quel style de communication est le plus approprié ? Avec le temps, cela deviendra un réflexe.
Une recommandation formation en gestion Cela vous permet de mettre en pratique le modèle dans un environnement sécurisé. Vous découvrez votre style de prédilection, vous vous exercez aux autres styles et vous recevez des retours de formateurs et des autres participants. Ainsi, vous traduisez la théorie en changements comportementaux concrets dans votre travail quotidien. directeur.
Le leadership situationnel exige également de bonnes compétences gestion du tempsLe temps que vous investissez pour adapter votre style à chaque employé est récompensé par une productivité et un engagement accrus. De plus, une meilleure compréhension de styles de communication selon le modèle DISC pour adapter encore mieux votre approche à la personne en face de vous. la gestion du stress Le style de leadership joue également un rôle crucial.
Le leadership situationnel est un modèle global qui comprend quatre styles, dont le coaching (S2). Le coaching vise spécifiquement à développer les compétences des employés en posant des questions et en les guidant. Le leadership situationnel inclut également la formation, la participation et la délégation.
Ce modèle, très pratique, est appliqué dans le monde entier. Sur le plan scientifique, il a été moins étudié que d'autres modèles. Cependant, l'idée centrale selon laquelle le leadership doit être flexible et s'adapter aux besoins des employés est largement étayée par la recherche en leadership.
Considérez deux facteurs : la compétence (l’employé est-il capable d’accomplir la tâche ?) et l’engagement (est-il motivé et confiant ?). Associez observation et dialogue ouvert. Demandez directement à l’employé comment il perçoit la tâche et de quel soutien il a besoin.
Oui, mais cela demande une meilleure organisation. Avec des équipes plus importantes, vous pouvez travailler avec des sous-groupes ou des chefs d'équipe qui appliquent le modèle au sein de leur propre sous-équipe. Il est également utile de suivre les progrès de chaque employé et de chaque tâche, afin de pouvoir adapter rapidement les actions.